Topics: History, Society & Culture
**Benjamin Brillaud** (0:03)
Mes chers camarades, bien le bonjour ! Quand on est enfant, il y a divers moyens par lesquels on aborde l'Histoire. Et l'un des principaux, c'est les cours à l'école, bien sûr, mais ce n'est pas le seul. Il y a plein d'activités du quotidien pouvant avoir un rapport au passé, comme dans les œuvres de fiction, autant dans les livres que au cinéma ou dans les jeux, mais aussi dans certains objets du quotidien, pouvant aller jusqu'à l'étiquette de la barre de chocolat. Et tout ça, ça ne date pas d'hier.
Pour en savoir plus, j'ai eu le plaisir de recevoir dans un nouvel entretien historique Emmanuelle Fantin qui a beaucoup travaillé sur le sujet. Elle a notamment écrit avec Julien Tassel en 2025, Quand l'Enfance rencontre l'Histoire, dont on va d'ailleurs parler dans la suite de l'émission. Je vous en dis pas plus, je vous souhaite une bonne écoute sur Nota Bene.
Bonjour, ma chère Emmanuelle, comment ça va ?
**Emmanuelle Fantin** (1:02)
Bonjour, ça va très bien.
**Benjamin Brillaud** (1:04)
Merci de nous accorder un peu de ton temps pour cette émission, où on va parler d'un sujet important quand même.
**Emmanuelle Fantin** (1:10)
Oui, on va parler des enfants, les enfants c'est l'avenir et ça pourrait intéresser, tu vas parler des gens qui ont des enfants, je pense que ça nous intéresse potentiellement toutes et tous, puisque ça renvoie aussi à notre propre enfance.
**Benjamin Brillaud** (1:22)
Oui, c'est clair. Alors, souvent dans l'émission, on reçoit des cursus Histoire, Arquéo et tout, mais c'est pas la première fois non plus qu'on reçoit quelqu'un qui relève plus de la communication et de l'information. Comment est-ce que t'en es arrivé là aujourd'hui ?
**Emmanuelle Fantin** (1:36)
Oui, effectivement, c'est vrai que sur l'Histoire, on entend beaucoup les historiens, mais il y a aussi, moi, je suis chercheuse en sciences humaines et il y a beaucoup de sciences humaines qui travaillent sur des productions historiques. Comment j'en suis arrivée là ? Ma thèse était en sciences d'information et de la communication, qui est un peu une discipline récente des sciences humaines et sociales, qui est au confluent de l'anthropologie, de la scéniologie, etc.
Dans laquelle on travaille beaucoup sur les médias. Dans ma thèse, j'avais travaillé sur l'instrumentalisation du passé dans la publicité. C'est-à-dire, en gros, comment est-ce que les discours marchands produisent du stéréotype historique et mémoriel, s'appuient sur ces stéréotypes pour vendre. Et donc, je touchais aux questions qu'on aborde dans le livre dont on va parler aujourd'hui aussi, à savoir, finalement, à partir de quand, est-ce que quand on fait référence au passé, on peut désigner ça comme étant de l'histoire. Quels sont ces frontières entre l'histoire, la mémoire, le passé ? Sauf qu'à ce moment-là, je l'abordais plutôt vraiment sur les liens entre le capitalisme et l'histoire, on va dire. Et puis après, j'ai travaillé sur d'autres éléments culturels au conflit en l'histoire. Par exemple, je me suis beaucoup spécialisée sur la nostalgie, qui est l'une des fictions, on peut considérer que c'est une forme de fiction historique, ce n'est pas juste un sentiment. Et on le voit bien en politique, ça aussi, ça va bien l'instrumentaliser.
Et voilà, donc toutes ces recherches, elles avaient en commun cette question de travailler les liens entre l'histoire, mémoire, l'instrumentalisation depuis les frontières de tout ça dans l'espace très banal du quotidien, que ce soit la publicité, les discours marchands, etc. En tout cas, pas du tout dans l'institution.
**Benjamin Brillaud** (3:14)
Avant de commencer cet entretien et de développer un petit peu le propos, je vous rappelle pour ceux qui nous suivent en direct ou en rediff, qu'on a fait une émission il n'y a pas très longtemps avec Romain Vincent sur ce qu'on peut apprendre l'histoire avec les jeux vidéo, notamment en cours. C'était hyper intéressant, donc je vous invite aussi à vous mettre ça de côté. Donc toi, tu as dirigé un livre avec Julien Tassel, qui s'appelle Quand l'enfant se rencontre l'histoire. C'est paru en juin 2025, donc il n'y a pas très longtemps, au moment où on enregistre cette émission, puisqu'on est fin 2025
On va rentrer dans le détail par la suite. Mais est-ce que tu peux nous présenter cet ouvrage dans les grandes lignes ?
**Emmanuelle Fantin** (3:50)
Alors, dans les grandes lignes, il s'agit précisément de s'intéresser à la manière dont des loisirs et des divertissements très banals dans la quotidienneté du monde des enfants, à destination des enfants, utilisent l'histoire et le passé. Donc, ça peut être tout ce qu'ils peuvent trouver quand ils sortent de la salle de classe, c'est-à-dire des playmobiles, des jeux vidéo dont on parlait à l'instant, des jeux de plateau.
Mais même ça peut être dans des éléments commerciaux, puisque les marques sont très astucieuses pour trouver des éléments appétents pour les enfants. Et l'histoire fait partie, par exemple, notamment la préhistoire. Certaines classes d'âge fait partie des choses qui peuvent être très appétentes et donner envie aux enfants d'acheter aussi. Donc en fait, on étudie dans ce livre autant la question de la transmission de l'histoire, qu'est-ce qui reste de l'histoire là-dedans, on va en parler. Et puis aussi, bien sûr, les dimensions matérielles, culturelles, idéologiques et économiques.
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