Le photographe inconnu de l’Occupation : la piste du Printemps (3/5) - REDIFF artwork

Le photographe inconnu de l’Occupation : la piste du Printemps (3/5) - REDIFF

L'Heure du Monde

July 29, 2026

Des Allemands qui défilent et arpentent en uniforme les rues parisiennes, parfois aux bras de Françaises… Ces photographies inédites du Paris de l’occupation sont rassemblées dans un album doté d’une présentation intrigante, qui invite à avoir « le courage de les examiner ».
Speakers: Philippe Broussard, Bénédicte Vergez-Chaignon
**Philippe Broussard** (0:08)
A ce stade de l'enquête, j'ai donc une certitude, c'est que Paul Le Duc n'est pas le photographe. En revanche, je sais également que c'est lui qui a récupéré, à la libération de Paris, ce lot important de photos. Il en a placé une partie dans une caisse en bois et une autre partie dans un album qu'il a composé et un album précédé de la fameuse fiche.
Ces photos ont été prises par un promeneur parisien. Ayez le courage de les examiner.

**SPEAKER_2** (0:35)
Ayez le courage de les examiner.

**Philippe Broussard** (0:39)
Je vais aller plonger dans les dossiers Paul Le Duc gardé au service historique de la défense à Vincennes pour voir si dans son dossier, il y a des traces quelconques de ce qu'il a pu faire à la libération, s'il a travaillé sur un réseau de résistance, s'il a fait des descentes dans les services allemands. Est-ce que dans ces dossiers-là, il est question d'un lot de photos et est-ce qu'il mentionne le nom d'un éventuel photographe. Donc je me tourne vers les archives, je m'y plonge littéralement et rien. Aucune trace dans les dossiers Paul Le Duc de quelconques photos.

**SPEAKER_3** (1:12)
Français, j'ai rencontré jeudi dernier le chancelier du Reich.

**Philippe Broussard** (1:17)
C'est ce qu'il faut !

**Bénédicte Vergez-Chaignon** (1:19)
Je n'ai jamais vu des photos aussi palpitantes.

**Philippe Broussard** (1:22)
C'est un acte de résistance.

**SPEAKER_5** (1:24)
C'est la bataille de la France.

**Philippe Broussard** (1:26)
Qui était le photographe et qui a composé cet album ?

**SPEAKER_5** (1:30)
La France ne fait pas mourir.

**SPEAKER_2** (1:34)
À la recherche du photographe inconnu de l'Occupation est une série documentaire de L'Heure du Monde adaptée d'une enquête de Philippe Broussard. Épisode 3 La piste du printemps.

**Philippe Broussard** (1:50)
Je me retrouve donc une fois de plus avec toutes ces photos à examiner et à chercher sur Internet d'éventuelles pistes. C'est à ce moment-là que ces recherches me mènent un peu tardivement, je le reconnais, vers un livre dont je m'aperçois qu'il a été publié en 2020 par un éditeur que je ne connaissais pas, de la région d'Angers. Et il est intitulé Paris Humilié 1940-1941, Chronique photographique inédite, en 101 clichés. Et ce livre présente des photos qui ressemblent étrangement aux nôtres, celles de l'album. Donc évidemment, je prends contact avec l'auteur du livre. C'est un monsieur qui s'appelle Albert Hude. Il est historien amateur, passionné d'histoire. C'est un retraité et qui a pour passion cette période de l'histoire, c'est-à-dire la Seconde Guerre mondiale, la résistance. Et dans le cadre de ses rencontres avec des résistants de l'Eurel Loire, son département, il a eu connaissance de l'existence d'un lot de photos. Il doit y en avoir une grosse centaine détenues par un monsieur qui s'appelle Jean Bayon. Et quand j'appelle Albert Hude, il me dit, ben voilà, ce monsieur Jean Bayon tient ces photos de sa mère, qui est aujourd'hui décédée, mais qui était vendeuse au printemps, le grand magasin. Et cette dame avait des photos avec au verso des commentaires ironiques sur les Allemands, des photos numérotées, datées.
Bref, d'une certaine façon, elle s'est identique à celle de l'album, découvert par mon ami Stéphanie. Il s'agit donc d'un troisième lot de cette collection. Et un mystère de plus pour les spécialistes de la Résistance qui ne savent toujours pas qui a fait ces photos.
Albert Hude ne le sait pas non plus puisque le monsieur en question, Jean Bayon, le fils de la vendeuse de parfums du printemps, lui a toujours dit que ces photos appartenaient ont été prises plutôt par un ami de ma mère qui a été finalement arrêté par les Allemands et qui est mort en déportation. Il n'a aucun nom à nous donner, mais il assure que les fameux commentaires mentionnés au dos des 117 photos qu'il possède avaient été écrits par sa propre mère. Il lui dit Je reconnais tout à fait à la fois le ton, les mots de ma mère et l'écriture. C'est tout à fait elle de dire Ah les frites, les boches, de les qualifier de la sorte. Quand Albert Hude me fait cette confidence en me disant d'après Jean Bayon c'était l'écriture de sa maman, je me dis c'est possible.
Mais Jean Bayon n'a plus trop de souvenirs. Quelques mois plus tard il décédera donc ce sera un témoin important en moins. Donc je me retrouve à ce moment là avec une piste quand même. C'est cette mystérieuse vendeuse de parfums, la maman de Jean Bayon. Une dame qui s'appelait Renée Damien qui travaillait au printemps.

**SPEAKER_5** (4:56)
Dans le bureau du chef de l'atelier de décoration, juste en face des vitrines animées des magasins du printemps, nous avons trouvé le chef décorateur, comme il est bien normal, Monsieur Philippe Offenbach, et lui demander tout de suite comment, d'abord qu'il nous décrive la vitrine réalisée cette année dans ses grands magasins.

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