Focus Actu - Quand est-ce que ça s'arrête ? artwork

Focus Actu - Quand est-ce que ça s'arrête ?

ORIGAMI Actu : La Mardinale JV, L'Actu en Bref...

July 2, 2026

Cette semaine dans votre focus actualités jeu vidéo, l'annonce de la fin du support physique chez PlayStation et l'ébullition des rumeurs de fermetures chez Xbox conduisent Gautoz à faire un petit point route.
Speakers: Gautoz
**Gautoz** (0:00)
Cette semaine dans l'actualité du jeu vidéo, ça sent le brûlé.
Oui, ça sent le brûlé.
Et bonjour YouTube, bonjour les podcasts et bonjour Twitch. Bienvenue dans l'actu sur Origami, même si cet épisode aura surtout la forme d'un petit édito de quasi fin de saison. Les actus chaudes, vous les connaissez. L'ambiance générale, vous la connaissez aussi. C'est la fièvre GTA 6 Oh là là, vous avez vu ces 40 nouveaux screenshots exclusifs. Nous allons zoomer sur chacun d'eux pour obtenir une vidéo de 20 minutes hautement monétisable. C'est parti. Je ne vais pas vous mentir, ça fait cinq ans que je suis assidûment dans la actualité du jeu vidéo et que je discute avec les pros du secteur pour mon travail.
Je n'ai jamais vu en si peu de temps une si grande concentration de signaux absolument terrifiants pour l'avenir du jeu vidéo, que ce soit en tant que loisir, en tant que passion ou en tant que métier. On m'a longtemps demandé si ce n'était pas trop pesant à force de chroniquer les affaires peu reluisantes des studios d'abord autour de 2020, puis la concentration industrielle bien flippante des années 2020-2022, le bordel autour des NFT, celui autour de l'IA Générative, les crashes à répétition des dizaines et des dizaines de jeux services, les milliers de licenciements. Bref, toute cette réalité blême sous le vernis à paillettes. Et ça fait des années que moi je réponds que ça va, que le messager c'est pas le plus à plaindre, que je trouve des moyens de garder la foi. Mais là, ouais, je vous avoue que ça fait beaucoup. Et surtout, je me demande quand est-ce que c'est censé s'arrêter.
Bien sûr, je parle de la dernière annonce massue de Sony PlayStation qui nous apprenait hier son intention d'en finir complètement avec le support de jeux physiques dès janvier 2028 Bien sûr que je pense également aux coupes drastiques en préparation chez Xbox, cette demi-douzaine de studios qui seraient en train de batailler pour ne pas finir fermés du jour au lendemain. Et cette division gaming de Microsoft qui chercherait donc à fermer entre autres Ninja Theory, Double Fine, Compulsion Games, mais aussi peut-être Undead Labs, Arkane et même peut-être Obsidian. Bien sûr que je pense aussi aux augmentations régulières de tous les prix qui structurent notre accès aux jeux vidéo, les prix des jeux, les prix des machines, les prix des composants, bien sûr que je parle de Bungie aussi, débité en tranches la semaine dernière, de Stop Killing Games qui échoue face à l'Union Européenne, de la dérive du groupe Nacon, de la fuite en avant de Quantic Dream, de celle de Dontnod, du retrait des capitaux occidentaux de Netis, de la vente quasiment actée d'Electronic Arts à l'Arabie Saoudite, de la vente de Warner Bros à Paramount, de la disparition progressive des versions françaises dans nos jeux, des processeurs de paiement qui décident de ce qui relève aujourd'hui ou non des contenus acceptables dans les jeux vidéo, des témoignages de répression syndicales, des groupes médias qui se mettent eux aussi à l'IA générative, des cycles de développement de plus en plus longs, de plus en plus risqués également. Je pense à Bluepoint, je pense à Monolith Productions, je pense à Arkane Austin, je pense à The Initiative, à Redstorm, à Nagoshi Studio, à Amazon Games, à BioWare, à Spiders, à The Outsiders, à Avalanche, à Volition, Ubi San Francisco, Halifax, Winnipeg, Belgrade, RedLynx. Je pense au commerce local du jeu vidéo qui en a pris une gigantesque dans la tronche hier. Moi je veux bien m'accrocher à l'existence de Star Wars Galactics Racer et à quelques autres projets de jeux, des discussions d'éditeurs en scope rencontrés au GameCamp. Mais là, au-delà du volume, c'est aussi la fréquence des mauvaises nouvelles qui est terrassante, je trouve, et je pense que vous serez d'accord avec moi, la vitesse à laquelle ce qui ressemblait il y a encore 3 ans à une industrie qui s'est mentie à elle-même après le Covid est devenu autre chose, complètement autre chose. On a longtemps parlé de l'entrée de plein pied du jeu vidéo dans ce qu'on appelle le capitalisme tardif, mais ce dont on est témoin en ce moment, c'est tout bonnement inégalé.
On ne peut absolument plus, en bonne conscience, se dire que c'est cyclique, que le jeu vidéo a des périodes d'embauche et des périodes de correction de la sur-embauche, que ça va se tasser, qu'on a déjà vu ça. On marche à grandes enjambées vers une espèce de merdification générale. D'à peu près tout ce qui définit notre rapport au jeu vidéo a commencé par notre rôle à nous dans toute cette machine. Les savoirs accumulés sur plusieurs décennies par des studios vétérans sont dilapidés pour bricoler la marge du prochain quarter chez les gros éditeurs. Les écoles de jeux vidéo continuent à démouler dix fois plus de juniors que ne pouvaient en absorber une industrie en bonne santé alors qu'il y a des milliers de seniors qui n'ont pas encore retrouvé du travail. Les patrons du secteur changent d'obsession tous les trois ans et dépensent des millions pour convaincre le public que le nouveau truc à la mode est absolument inévitable. Jusqu'à passer au prochain truc bien sûr. La Silicon Valley nous les casse, le cartel des fabricants de RAM, j'en parle même pas. Les prix montent en flèches, transforment toujours plus le jeu vidéo en passion pour gens extrêmement aisés. Le marché de seconde main vient de se prendre un immense couteau en travers de la gorge. Par Sony, certes, mais honnêtement, ça aurait pu être par n'importe qui. Le chemin est tout tracé depuis 10-15 ans et c'est juste que c'est eux qui sont actuellement les mieux placés pour forcer ce truc-là. Deux des trois grands consoliers préparent un futur où les jeux consoles ne pourront plus se prêter, ce qui restait historiquement le grand avantage indéniable du jeu sur console par rapport aux jeux sur PC. PlayStation ne fait même plus gaffe à aligner ses annonces de la manière la moins désavantageuse possible pour sa marque et nous dit le même jour que notre accès aux jeux vidéo sur PlayStation sera bientôt totalement assujetti à l'existence de serveurs actifs et que, au fait, les serveurs d'achat de jeux PS3 et PS Vita vont bientôt fermer pour toujours. Alors bien sûr, les gens qui possèdent les jeux pourront les récupérer, mais pour ce qui s'agit de se procurer de nouveaux jeux de cette période là, ça deviendra impossible. Et tout ça trois jours après avoir annoncé le retrait dans son offre cinéma de 500 films qui seront, début septembre, retirés de vos catalogues même si vous les aviez achetés entre guillemets le tout comme d'habitude parce que c'est la norme désormais sans le moindre euro remboursé, sans la moindre compensation pour vos achats. L'un des deux leaders du marché PlayStation est en train de se positionner comme une marque prestige, chère, peu accessible, que les gens achèteront parce qu'ils n'ont pour ainsi dire pas d'autre choix s'ils veulent conjuguer catalogue, puissance et praticité sur une console de salon. Son outsider, Xbox, a l'air de vouloir rester accessible sur le plan tarifaire mais semble en revanche être prêt à détruire la moitié du jeu vidéo occidental pour revenir dans la course sans se soucier une seule seconde des questions d'image, de marque ou de réputation. On est dans une telle crise globale du coût de la vie notamment et de l'accès au loisir et de la culture qu'aujourd'hui, Xbox semble persuader qu'un game pass pas trop cher avec quelques grosses licences nous fera oublier l'opération de destruction massive des écosystèmes de développement qu'ils sont en train de finaliser qui pend au nez de l'industrie. C'est une affaire de jour aujourd'hui, je rappelle on parle de nous annoncer dans quelques jours jusqu'à six fermetures de studios, certains qui sont dans le circuit depuis 25 ans voire plus. Comment dans ces conditions ne pas se sentir enfin réduit au plus basique des rôles, celui de consommateurs absolument sans voix, sans droit de vote, sans avis, sans possibilité de choix ? En fait on nous abreuve de mauvaises nouvelles, on nous explique que c'est inévitable et que c'est la faute au reste du monde. On nous laisse sonner, pas le temps de récupérer, ça fait des années que ça se prépare, mais ça fait des semaines que ça me paraît évident. Le jeu vidéo a démarré une phase véritablement accélérationniste. Il veut en finir avec le vieux monde du jeu vidéo et pendant ce temps là nous on est sur le siège passager à se demander comment atteindre les freins. Nous en tant que consommateurs, mais les produits JV aussi, et peut-être les premiers et les premières d'ailleurs. Dans le cas tout récent de la mort du physique chez PlayStation, on nous explique que ce sont nos habitudes de consommation qui ont rendu le physique obsolète. Sans remettre en perspective bien sûr la part de jeux uniquement disponible en dématérialisé dans notre écrasante manifestement consommation dématérialisée. C'est vraiment la manufacture du consentement, jusqu'à ces espèces de tournures qui nous ferait penser que ce faible pourcentage de gens qui achètent encore en physique, ce n'est pas vraiment des vrais gens, ce n'est pas la majorité. Ce n'est pas des vrais foyers qui ne peuvent compter que sur le physique et parfois le marché de l'occasion et le prêt de jeu pour accéder aux jeux vidéo. Ce n'est pas non plus des abandonnés du réseau au débit. C'est juste un petit chiffre négligeable. Ils n'ont qu'à retourner jouer sur mobile. Regardez plutôt ce gros chiffre à côté. Il justifie manifestement qu'on retire toute notion de choix à tout le monde et qu'on enterrine une bonne fois pour toute notre statut à nous consommateurs de locataire. Et donc ça justifie qu'on mette un gigantesque stop à tout ce que la communauté de jeux vidéo compte d'archivistes, de militants associatifs qui se battent pour qu'aux concepts d'obsolescence programmée de nos appareils ne viennent pas se greffer un autre concept, une amnésie programmée du médium, une sorte de cycle d'une vingtaine d'années environ entre la sortie d'une console et la fermeture des serveurs qui permettent d'y acquérir de nouveaux jeux. C'est en gros le cycle de la PS3 fait 20 ans. Alors nous, ça nous rend fou, évidemment, mais les quelques centaines de personnes qui décident de l'avenir global du jeu vidéo, elles, elles sont contre tape. Ni l'art, ni la culture, ni l'entertainment ne les intéressent réellement. Fixer les tarifs, oui. Limiter les possibilités pour les gens de se procurer leur production à prix modique, oui.

11 more minutes of transcript below

Feed this to your agent

Try it now — copy, paste, done:

curl -H "x-api-key: pt_demo" \
  https://spoken.md/transcripts/1000651996090

Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.

From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.

Using your own key:

curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
  https://spoken.md/transcripts/1000775191626