**Matthieu Stefani** (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs sportifs ou artistes qui vont faire exploser notre moyenne. Mais donc, tu es un peu en train de dire qu'en fait, c'est très difficile de grandir en Europe, notamment à cause de toutes ces spécificités fiscales ou bien…
**Robert Gentz** (0:27)
Ouais, ouais, je pense que ce qu'on dit souvent, c'est que je pense que la raison pour laquelle Zalando a toujours été si performant ces six ou sept dernières années, c'est à cause de la belle complexité de l'Europe, en fait, parce que c'est bien que ce soit, tu sais, 400 millions de personnes, mais ce n'est pas comme 400 millions de personnes sur un seul marché. Donc, il y a tellement de langues différentes. Il y a tellement de différents, par exemple, moyens de paiement de systèmes logistiques ou bien de législations. Et donc, ce n'est pas un marché unique du point de vue e-commerce. Ouais.
Donc, c'est très difficile de vraiment construire une offre pour tous ces différents pays.
**Matthieu Stefani** (1:09)
Certains disent, j'ai lu ça récemment, qu'on a en quelque sorte nos propres droits de douane. Ce n'est pas un droit de douane physique, mais c'est une logistique.
**Robert Gentz** (1:19)
C'est auto-infligé et tout un cadre. Auto-infligé.
**Matthieu Stefani** (1:21)
Ouais, des droits de douane qui peuvent monter pour certains pays, jusqu'à 100 % parce qu'ils sont tellement durs à pénétrer. Ouais.
**Robert Gentz** (1:28)
Enfin, je dirais plutôt des droits de douane réglementaire et culturel auto-infligé.
**Matthieu Stefani** (1:31)
Mais est-ce que ça devrait changer à un moment donné ?
Ça marche bien pour vous tout ça parce que vous avez réussi à les décoder. Peut-être que vous n'auriez aucun intérêt à ce que ça change. Enfin, je me mets à votre place parce que si c'est plus facile, vous aurez peut-être plus de concurrents.
**Robert Gentz** (1:48)
Je pense qu'on aurait sûrement eu besoin de bosser 40-50 % de moins sur ces sujets, et on aurait eu plus de temps pour s'attaquer à d'autres trucs.
Donc, oui, c'est peut-être un des moteurs de notre succès, le fait qu'on se soit plus concentrés sur ces problèmes typiquement européens. Mais globalement, pour l'Europe, ce serait bien mieux d'avoir un vrai marché unique, simple, et surtout qui rende les choses vraiment faciles à construire. Parce que c'est vrai qu'au final, si on se compare aux Etats-Unis ou bien à la Chine, c'est un marché qui est vraiment énorme, en fait. Mais je pense qu'on se complique vraiment la vie pour construire de grandes boîtes sur ce marché parce qu'il est tellement...
**Matthieu Stefani** (2:28)
Et donc, du coup, tu dis que c'est un si grand marché en théorie, mais qui n'est pas un si grand marché en pratique. Et donc, tu crois que ça peut changer ?
**Robert Gentz** (2:39)
Si je crois que ça peut changer, j'espère que ça peut changer, ouais.
Et je veux dire, je pense, j'espère que nous, en tant qu'Européens, on va se... Nous voyons que dans cette course à la pertinence qui, je pense, se produit en ce moment, dans cette course qui se produit en Chine ou aux États-Unis, on ne peut gagner qu'en étant ensemble. Parce que tous les marchés nationaux pris individuellement sont trop petits, vraiment trop petits. Ni l'Allemagne, ni la France. On est tous un peu trop petits. Mais ensemble, on peut vraiment être très très puissants. Mais il faut qu'on soit capables ou prêts à travailler ensemble. Je pense aussi qu'on doit être prêts à céder un peu de nos intérêts nationaux parfois pour le bien commun, pour créer un beau chemin pour l'Europe à venir. Voilà, c'est mon espoir.
Ouais, je pense que c'est ça.
**Matthieu Stefani** (3:39)
C'est mon espoir aussi. Tiens, en parlant de ça, on parle de différences qui sont de bonnes choses, être différent.
Mais d'abord, j'aimerais qu'on revienne à ma question de tout à l'heure sur les différences entre les marchés français et allemands.
**Robert Gentz** (3:56)
Ouais.
**Matthieu Stefani** (3:56)
Ce que je comprends du marché allemand, c'est que le volume du e-commerce est bien plus gros qu'en France, genre sans comparaison.
Mais c'est aussi très complexe parce que j'ai entendu, je ne sais pas si c'est toujours vrai, mais il y a longtemps, que le volume de retours est aussi très élevé ici et beaucoup plus qu'en France et dans d'autres pays. Je veux dire, peux tu m'expliquer la différence culturelle ?
**Robert Gentz** (4:20)
Ouais.
**Matthieu Stefani** (4:20)
Et oui, commençons par ça.
**Robert Gentz** (4:23)
Oui, enfin...
**Matthieu Stefani** (4:25)
Et peut-être que d'autres pays seraient intéressés par des choses très spécifiques, mais bon...
**Robert Gentz** (4:30)
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