**Matthieu Stefani** (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs sportifs ou artistes qui vont vous faire exploser notre moyenne. Je pose cette question parce qu'en effet, ce que tu disais tout de suite, ce qui est paradoxal, c'est que quand tu parles par exemple de la Chine, on l'a vu, le Parti communiste ou en tout cas le système chinois a sorti un demi milliard de personnes de la pauvreté, de la faim, de la famine.
**Philippe Aghion** (0:35)
Mais il l'a fait en allant vers le capitalisme.
**Matthieu Stefani** (0:36)
Oui, cependant, quand on voit le capitalisme et les politiques, alors c'est issu de Trump et de Reagan, pardon de Thatcher Reagan dans les années 80
**Philippe Aghion** (0:44)
Mais ça c'est le capitalisme qui n'est pas que scandinave. Aujourd'hui, c'est celui dont je ne veux pas.
**Matthieu Stefani** (0:48)
Aujourd'hui, on a, c'est quoi, 1 % des richesses ?
**Philippe Aghion** (0:52)
Non, on va être très très clair. Je ne suis pas pour le capitalisme américain et anglo-saxon. Je pense que c'est un camis trop dur.
Il n'y a pas de pitié pour les faibles. Alors l'Angleterre maintenant avec le labor, j'espère que ça va changer un peu. Mais c'est un capitalisme sans pitié pour les faibles. Et le problème, c'est que les gens pour qui tu n'as pas eu de pitié, que tu as méprisé, ils votent pour les populistes. Mais ce qui est paradoxal... Moi, je suis pour l'économie de marché à la scandinave.
C'est important, ça, parce que je crois beaucoup et je crois beaucoup qu'on peut tout à fait être à la fois innovant et inclusif. Tu as par exemple un bon système éducatif où tout le monde apprend à apprendre avec des bons tests PISA, tu as des tests PISA qui mesurent des bonnes performances PISA, qui assure que tous les enfants, que les devoirs sont faits à l'école, que t'as peu d'élèves dans toutes les classes, pas juste en classe préparatoire, que les gens apprennent à lire, écrire, lire des livres, qui résoudent des problèmes mathématiques eux-mêmes, tu vois, avec des tuteurs s'ils ont des problèmes. Tu vois vraiment, l'école comme elle est en Finlande, comme... Et bien dans ce cas-là, ça c'est un levier. Tu deviens plus innovant et plus inclusif. La flexi-sécurité, ça donne une certaine flexibilité aussi aux entreprises pour embaucher et licencier et pour innover plus. Mais d'un autre côté, ça protège les employés et ça les forme pour rebondir sur des nouveaux emplois. Et bien quand ils ont introduit la flexi-sécurité au Danemark, ils sont devenus plus innovants et en même temps tout à fait protecteurs. Et il y a une troisième politique qui est la concurrence. La concurrence, c'est la possibilité sans arrêt que des nouveaux arrivent. Je vous ai dit tout à l'heure, qu'est-ce que c'est que la croissance ? C'est des nouveaux talents. Les nouveaux talents doivent pouvoir créer des entreprises, les faire grandir et ne pas empêcher une fois qu'ils ont grandi, de nouveaux talents d'arrivée. C'est la concurrence qui permet ça. Quand tu as une bonne politique de concurrence, à la fois tu es plus innovant, mais tu es plus inclusif parce que la fait que tu laisses des nouveaux arriver sans arrêt, ça crée de la mobilité sociale. Tu vois, tu peux vraiment être, devenir plus inclusif et plus innovant. Donc moi, je suis un choupet, je suis disons pour une croissance par l'innovation, mais sociale. Je suis vraiment, voilà, c'est le... Donc je suis très, très, voilà, très... Et il y aura le problème de concentration des richesses. Par exemple, dans l'IA, il y est déjà. Et c'est pour ça qu'il y a deux moyens. Il y a deux leviers. Il y a deux leviers. D'un, c'est la politique de concurrence. Donc ça, tu peux faire beaucoup avec la politique de concurrence pour empêcher que des firmes deviennent trop tentaculaires et qu'elles gagnent moins.
C'est pas juste... Attends, donc déjà, tu as un peu dit de concurrence. Open source, je suis complètement dans l'IA pour open source. Il y a des gens qui sont contre.
**Matthieu Stefani** (3:16)
L'obliger.
**Philippe Aghion** (3:19)
L'obliger, open source, c'est le partage des données et ne pas permettre des fusions d'acquisition qui découragent l'entrée de nouveau. C'est innovant. Voilà. Ça, c'est la politique de concurrence. Et l'autre, c'est je vais proposer...
**Matthieu Stefani** (3:30)
Je peux garder le deuxième, je t'arrête là-dessus.
**Philippe Aghion** (3:31)
Parce que le deuxième, ça va être les fondations.
**Matthieu Stefani** (3:33)
D'accord, mais typiquement, si tu dis open source ou interdire ou obligé, ça veut dire quoi ? Je prends par exemple les Américains. Donc tu dis, moi je ne suis pas pour ce système américain. Eux, ils concentrent, ils concentrent, ils concentrent. Ils l'ont fait sur Google, ils l'ont fait sur les réseaux sociaux, ils l'ont fait sur Amazon, ils le font sur le cloud. Enfin, ils concentrent, ils concentrent. Ils créent des super champions. Et d'ailleurs, même les plus gros investisseurs américains le disent qu'ils sont finalement assez contre la concurrence puisque eux, ils gagnent beaucoup plus d'argent, ça crée beaucoup plus de richesse.
9 more minutes of transcript below
Try it now — copy, paste, done:
curl -H "x-api-key: pt_demo" \
https://spoken.md/transcripts/1000651996090
Works with Claude, ChatGPT, Cursor, and any agent that makes HTTP calls.
From $0.10 per transcript. No subscription. Credits never expire.
Using your own key:
curl -H "x-api-key: YOUR_KEY" \
https://spoken.md/transcripts/1000777382520