[EXTRAIT] De Madagascar à Dior : le parcours d’une rebelle du luxe | Laurence Nicolas (Baccarat) artwork

[EXTRAIT] De Madagascar à Dior : le parcours d’une rebelle du luxe | Laurence Nicolas (Baccarat)

TheBoldWay

July 16, 2026

👉 Mon sponsor du mois | Shopify📧 Ma newsletter | S'abonner🖥️ Ma chaîne YouTube | S'abonner— Laurence raconte son enfance africaine, son arrivée brutale en France, son entrée chez Cartier puis le pari Dior Joaillerie.
Speakers: Laurence Nicolas, Adrien Garcia
**Laurence Nicolas** (0:00)
Nous, on est la maison avec laquelle 240 marques de luxe aujourd'hui veulent, ont ou sont en train de collaborer. En fait, Baccarat est devenu autre chose qu'une nom de marque, c'est devenu quasiment un nom commun. Tu dis un Frigidaire et un Kleenex et tu dis du Baccarat.

**Adrien Garcia** (0:11)
Comment est-ce qu'on reste relevant dans ce monde où en fait, tu es bousculé en permanence par beaucoup de marques, de concurrences ? Comment est-ce qu'on ne devient pas has-been ? Comment est-ce qu'on rensexy le truc pour les nouvelles générations qui arrivent ?

**Laurence Nicolas** (0:22)
Usher, sur tous ses concerts, il tient un verre à la main, c'est un verre Baccarat, c'est son choix, ce n'est pas le nôtre. On ne paie pas, on vient de livrer une commande de lustre pour un client que je ne nommerai pas qui veut éclairer ses garages. Il nous en a acheté pour 5 millions d'euros, c'est des lustres qui ont mis deux ans à être fabriqués. La patience fait partie de nos valeurs.

**Adrien Garcia** (0:38)
Comment tu as une douande de 5 millions ?

**Laurence Nicolas** (0:39)
Je suis née à Madagascar, mon père rentrait de tournée en brousse, il revenait avec un bébé éléphant, la mère avait été tuée par des braconniers.

**Adrien Garcia** (0:47)
Si ça refaire, qu'est-ce qu'on ferait différemment dans cette carrière ?

**Laurence Nicolas** (0:49)
Mon premier contrat chez PwC, j'avais l'interdiction de porter un pantalon. Ça vous me parle, ça, vous qui êtes d'une génération.
Le nom de Dior est quasiment aussi connu que celui de Jésus-Christ. Il y a une sorte d'attachement de la part de Bernard Hano à cette maison Dior.

**Adrien Garcia** (1:01)
Pour réussir, est-ce qu'il faut absolument sacrifier ses enfants, son couple, forcément divorcer, ne pas voir ses enfants, etc.

**Laurence Nicolas** (1:08)
Je pense qu'à la fin, j'ai sans doute été pas une super-mère, pas une super-amie, pas forcément une super-fille, pas forcément une super-soeur, pas forcément une super-conjointe, et pas forcément un super-manager, mais on a essayé de faire avec tout ça et de se dire je fais le max.

**Adrien Garcia** (1:27)
Toi, dans ton parcours de personnel, comment tu t'es construite ?
T'es née où ? T'as grandi où ? Qu'est-ce qui t'a amené à rentrer dans le monde du luxe ? Et comment tu expliques, toi, c'est le quart d'heure carrière pour tous les jeunes gens, jeunes femmes, jeunes hommes qui nous écoutent, comment t'as réussi à avoir cette trajectoire assez exceptionnelle quand même ?

**Laurence Nicolas** (1:50)
Elle est singulière, oui, elle est originale. Alors, je suis née à Madagascar.
Je suis un enfant sauvage du continent africain. J'ai vécu mes 16 premières années un peu dans la savane, un peu dans des pays parmi les plus pauvres du monde que était le Burkina notamment où j'ai passé 8 ans de mon enfance à Ouagadougou. Mon père était vétérinaire.
J'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai eu l'enfance d'une fille de vétérinaire. Au Tchad, mon père rentrait de Tournai en Brousse, il revenait avec un bébé éléphant dont la mère avait été tuée par des braconniers. Donc, on récupérait un bébé éléphant, on récupérait un bébé guépard. J'ai eu cette enfance un peu improbable de pieds nus, mouglis en Afrique. Avec ce que ça veut dire aussi de je me construis un peu toute seule. Ma mère m'apprend le latin parce que j'ai pas de prof. Des choses un peu bizarres. Ma mère était prof de lettre, mais on n'avait pas beaucoup, pas tout le temps des professeurs. Donc, je me suis un peu éduqué toute seule. Je suis arrivée en France à Bordeaux pour faire ma prépa et passer mon bac. Ça a été une horreur. J'ai détesté ce retour dans un climat que je ne connaissais pas. Des Français que je trouvais extrêmement froid, surtout à Bordeaux, la bourgeoisie bordelaise. Mais pas un mythe.

**Adrien Garcia** (3:02)
On les embrasse, mais c'est...

**Laurence Nicolas** (3:03)
On les adore. J'adore cette ville en plus, mais c'est une ville assez fermée. Et puis moi, je lissais mes souliers dans le caniveau et j'étais pieds nus. Je n'arrivais pas à mettre des chaussures. Et je n'avais jamais vu un coiffeur de ma vie, donc je ressemblais un peu quand même à... à un mougli. C'était atroce. Donc voilà, j'ai eu un arrivé très dur, mais j'ai appris, je pense, justement l'adaptabilité. Ça m'a beaucoup forgé. Et Pessie Laquan, et puis j'ai pas eu d'amis d'enfance. J'ai eu mes sœurs et mes parents parce qu'on voyageait beaucoup. Donc en fait, je me suis pas construite avec des amitiés d'enfance, ce qui, je pense, m'a aidé aussi à avoir une trajectoire professionnelle de fait de rencontre et d'un chemin qui n'était pas écrit du tout. J'ai laissé parler une sorte de... J'ai fait des études de commerce pour pouvoir repartir en Afrique parce que j'avais vraiment envie de... J'ai le goût de ce continent et j'ai rencontré celui qui était à l'époque l'homme de ma vie et qui, lui, ne voulait pas partir en Afrique.

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