**Axel Chay** (0:00)
Mais qu'est-ce que c'est jouissif de voir ton meuble être accréé, qui part chez un client aux US, au Canada, au Sénégal, en Pologne, un peu partout quoi.
**Adrien Garcia** (0:09)
C'est quoi l'ampleur d'Axel Chay aujourd'hui en termes de produits, de distribution ?
**Melissa Chay** (0:13)
On n'a pas fait d'école de design. Axel s'est créé dans un premier temps seul, il est complètement autodidacte. On n'est pas obligé de passer par des schémas traditionnels pour arriver à percer dans le design.
**Adrien Garcia** (0:22)
Vous rêviez de faire ce métier ou non ? Parce que là, école de commerce ?
**Axel Chay** (0:26)
Non, avant d'être designer, on est entrepreneur.
**Adrien Garcia** (0:28)
Comment tout ça a commencé et comment vous vous êtes rencontré ?
**Axel Chay** (0:30)
Et nous, comme deux couillons qui sont d'école de commerce, on se dit, c'est bon, on va monter un studio design. Pour nous, le design, ça doit être facile.
**Melissa Chay** (0:37)
Nous, on le pense au niveau esthétique.
**Axel Chay** (0:39)
Nous, on n'est pas artiste. Artiste, c'est une forme d'élitisme. Artiste, c'est clivant. Tu peux pas plaire à tout le monde.
**Adrien Garcia** (0:44)
C'est le biais des écoles de commerce où il faut tout écrire avant de se lancer.
**Melissa Chay** (0:47)
Où tu te dis qu'il faut aller lever des fonds, qu'il faut...
**Axel Chay** (0:49)
Exactement, on a même cherché à lever des fonds. Ok, n'importe quoi.
**Adrien Garcia** (0:52)
Ce que j'ai du mal d'entendre, c'est vraiment ce passage de cette exposition jusqu'à quelque chose d'une vraie marque en fait.
**Axel Chay** (0:57)
Le décès de mon papa, du coup, on a des sous. Qu'est-ce qu'on fait de cet argent, au lieu de dépenser dans les fabricants en voie de nuit, on l'investit, on le laisse sur une boîte et on achète ce bâtiment pour travailler et faire transpirer l'entreprise familiale. Ne pas chercher à aller trop loin et à bien maîtriser les notions économiques, pas chercher à avoir trop d'employés et ne pas avoir trop de stocks, ne pas prendre un lieu trop grand, ne pas chercher à avoir une boutique.
**Adrien Garcia** (1:15)
Mais si j'ai envie de me lancer dans le design, qu'est-ce que tu me conseilles de faire, comment le faire ?
**Axel Chay** (1:20)
Déjà, il faut faire, il faut arrêter de penser, juste penser, il faut les faire les objets. Franchement, les erreurs, c'est bien de faire des erreurs. Il faut faire. Mais si tu fais pas d'erreur, c'est que t'as rien fait.
**Adrien Garcia** (1:32)
Tu t'es mis à dessiner en ce moment-là quand même. Tu t'es mis à créer ta culture.
**Axel Chay** (1:34)
Je t'ai mis à dessiner à 21 ans, 22 ans, pendant le MBI à Londres. Je dessinais, je m'en rappelle pas, en des après-midi. En fait, MBI, tu fais pas grand-chose, t'as pas beaucoup d'heures de cours.
**Adrien Garcia** (1:43)
Et tu fais des objets ?
**Axel Chay** (1:44)
En fait, je fais dessiner et dessiner des objets.
**Melissa Chay** (1:45)
Mais sur du papier, petit carreau. C'est drôle.
**Axel Chay** (1:49)
Mais sans avoir la culture que j'ai appris, tout ce truc, tout le design, tout ce qui est passé, tout le design 20ème, même avant et tout, sans avoir cette culture-là.
**Melissa Chay** (1:59)
Mais ça, c'est quand tu fais un peu à réservoir.
**Axel Chay** (2:02)
Donc, galère pendant un moment et tout. Et donc, du coup, tu remets en question vachement ton métier et ton talent surtout. Tu te dis, en fait, je suis bidon, je vais pas faire designer, ça marche pas. Donc après, j'ai intégré la société de mon père, travaillé en me disant, tant pis, je suis pas bon, on va changer.
**Adrien Garcia** (2:17)
Je suis un charpentier, comme les autres.
**Axel Chay** (2:18)
Je suis un charpentier, exactement. Et en même temps, j'ai eu de la chance que, déjà, ma femme a accepté tout ce truc là et ma mère m'a beaucoup poussé à continuer.
**Melissa Chay** (2:29)
À s'exprimer.
**Adrien Garcia** (2:29)
À s'exprimer, continue.
**Axel Chay** (2:30)
C'est pas grave, fais des proto, continue. Ne fais pas que ça. Vous voyez bien que ça me plaisait pas, que j'allais pas être heureux. Elle m'a poussé à dire, vas-y, on fait des projets. C'est pas possible, c'est pas possible.
Et donc, continuez, continuez, continuez.
**Melissa Chay** (2:45)
Et puis après, t'avais la chance aussi que, du coup, dans l'entreprise de son papa, il y avait du métal, il y avait des outils.
**Adrien Garcia** (2:53)
Il y avait la matière, il y avait l'atelier, quoi.
**Axel Chay** (2:55)
Et il y avait mon frère aussi qui savait faire des pièces. Parce que lui, il a bossé sur chantier, il faisait un peu un aller-retour aussi dans la société, il faisait des trucs. Et du coup, c'est vrai qu'avoir tout ce plateau, si tu veux, ça m'a permis de pouvoir résister, entre guillemets, persévérer et arriver à trouver le bon truc.
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