**Matthieu Stefani** (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs sportifs ou artistes qui vont faire exploser notre moyenne. J'ai lu quelque part que tu avais quand même intégré, tu m'as ouvert la porte tout à l'heure de la prépa mentale.
J'ai vu que tu avais intégré quoi ? T'étais au début sur un peu de méditation ou...
**Cyril Benzaquen** (0:26)
Bien sûr, de la méditation. En fait, ce qu'on appelle prépa mentale, moi depuis que j'ai voulu devenir champion du monde, j'en fais. C'est-à-dire que à l'âge de 14 ans à peu près, 14-15 ans, j'ai commencé par passer un quart d'heure, 20 minutes dans ma chambre chaque jour, à faire des petits abdos à crunch, mais en fait j'étais dans mes pensées, j'étais en train de me voir devenir champion. Et ce moment-là, il est passé de 20 minutes à 1h30, 2 heures quotidien, où en fait j'étais en plein...
en train de m'accomplir, tu vois, dans mes pensées.
**Matthieu Stefani** (1:06)
Tu fais pas une heure et demie d'abdos, quand même ?
**Cyril Benzaquen** (1:08)
Ouais non, mais en fait c'est pas des vrais abdos. Aujourd'hui je me rends compte, puisqu'en 10 minutes, je suis comme tout le monde. Mais c'était une heure et demie de...
Il y avait un peu de mouvement, quoi. Et je pense que dans ce que j'ai pu lire, c'était intéressant qu'il y ait du mouvement, parce que tu crées une énergie avec ce mouvement, et tu le raccordes directement à... Alors c'est pas en faisant des abdos que tu deviens champion, mais tu le raccordes à ce à quoi tu penses, tu vois.
Et en fait, j'ai vraiment passé pas loin de 10 ans à passer ces moments avec seul, tu vois, à méditer, à devenir champion, à me voir réaliser toutes ces choses-là. Et ma préparation mentale a commencé là. Après, elle a eu ses limites parce que je pense que c'est ça qui m'a permis de transformer un peu un rêve en objectif et en réalité. Mais une fois que j'ai été confronté aussi à d'autres mecs qui étaient affamés, qui avaient envie de gagner, et que j'ai eu du mal à trouver de nouvelles ressources, la préparation mentale m'a aidé dans ma manière, dans mon modèle d'action, d'arriver à identifier et à imaginer des scénarios qui parfois sont négatifs, où je vais avoir du mal face à l'inconnu.
**Matthieu Stefani** (2:26)
La vraie visualisation.
**Cyril Benzaquen** (2:28)
Exactement, la visualisation, c'est ce qui me correspond parfaitement.
Et en fait, le dernier combat est mon combat le plus abouti en termes de visualisation, parce que deux jours... Non, la veille, pardon, la veille du combat, donc l'avantage, c'est vrai, que je peux avoir, comme je produis, j'ai eu la chance de pouvoir aller au Grand Palais l'année. Donc je vais au Grand Palais avec mon préparateur mental, et on fait une séance de visualisation, et donc lui, il me guide juste en me redonnant un peu ce qui va se passer, mais je le sais moi-même. Et donc le combat démarre, etc. Je suis dans cette visualisation du combat. Et si tu veux, je vois que le combat s'arrête à la troisième reprise, mais moi, je le vois s'arrêter par une accumulation de coups, je n'arrive pas à bien comprendre, mais le combat s'arrête. Ce n'est pas un chaos, mais je vois que le mec ne veut pas reprendre. Et en fait, c'était complètement ça, parce que le lendemain, le combat s'est arrêté au troisième sur Low Kick, donc c'est technical chaos, on appelle ça TKO.
Et en fait, ce n'est pas forcément lisible pour l'extérieur, tout ressemblait à ce qui s'était passé. Et donc, c'est la première fois que le scénario auquel j'ai pensé, j'ai visualisé ce produit à la lettre.
**Matthieu Stefani** (3:44)
Et TKO, donc Low Kick, ça veut dire que tu lui as mis un coup...
**Cyril Benzaquen** (3:47)
À force, non, il y a eu plusieurs Low Kick. Il a arrêté, il ne voulait plus reprendre parce qu'il ne voulait plus ou il ne pouvait plus parce qu'il ne pouvait plus poser la jambe, parce qu'il y a comme une béquille, tu vois, qu'on faisait quand on était gosses, bah répéter avec un peu plus de force qu'un gamin de 10 ans.
Bon voilà.
**Matthieu Stefani** (4:04)
Alors ça, c'est intéressant parce que souvent, on va dire que la visualisation, elle est super importante aussi à l'inverse quand t'es dans le mal, quoi. Mais tu as des exemples là-dessus et tu peux m'expliquer comment ça fonctionne.
**Cyril Benzaquen** (4:14)
Bah en fait, la visualisation, en fait, elle t'aide parce que le cerveau est en panique à partir du moment où il est dans l'inconnu. Et donc quand t'es dans un nouveau dispositif, dans un nouveau scénario que t'as pas prévu. Et quand grâce à la visualisation, t'as anticipé plein de choses, en fait ce qu'il faut savoir c'est que le cerveau ne différencie pas la réalité et la pensée. Donc si t'as commencé à lui mettre le... Ça fait très Inception, mais à lui mettre le germe de l'idée que ça, ça peut se produire, ça, ça ne peut pas se produire, le jour où ça arrive, il est préparé. Et du coup, ton pic de stress, tout ce que tu veux, tu vas avoir des réponses plus adaptées. Et aussi parce que tu les as anticipées.
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