**Adrien Garcia** (0:00)
Je vais faire des nappes à 1500 balles.
**Sarah Espeute** (0:02)
Et je vais les vendre à l'international. Et non, je pense que personne ne serait lancé dans cette aventure. Mais bon, c'est français, c'est fait à la main.
**Adrien Garcia** (0:09)
Et cette envie de création, tu le tiens d'où ?
**Sarah Espeute** (0:11)
Moi, j'avais envie de faire de la création, du design, mais à travers une sensibilité qui m'était propre. Et au-delà de juste un simple objet, j'incarnais vraiment des œuvres qui transportaient toute ma sensibilité. Je ne m'étais pas rendu compte que cette manière de produire était une manière ancienne. Ça touchait autant la mamie que la maman que la petite fille, les hommes aussi.
**Adrien Garcia** (0:31)
C'était une idée de génie aussi. Comment tu as eu celle-là ?
**Sarah Espeute** (0:33)
J'avais un profil plus entre beaux-arts et arts appliqués parce que j'aime aussi le fait de créer pour moi et pas pour les autres. Je suis revenue à l'idée de travailler seule.
**Adrien Garcia** (0:43)
Ouais, que mal accompagnée. Comment tu rebondis après cette affaire-là ? Tu as subi quand même pendant 3-4 ans.
**Sarah Espeute** (0:47)
C'est lui qui décidait quand est-ce qu'on partait en vacances, le salaire que je devais avoir. J'ai un peu banni les hommes de l'entreprise.
**Adrien Garcia** (0:55)
J'ai l'impression que tu es plus artiste presque designer ou businessman. T'as une frustration, j'imagine, d'avoir trop la tête dans le guidon.
**Sarah Espeute** (1:02)
Oui, clairement. On est ok d'acheter des tableaux, des céramiques très chers, mais dès que ça devient un objet un peu domestique, du quotidien, on n'a plus du tout la même valeur des choses.
**Adrien Garcia** (1:13)
En marketing, qu'est-ce que tu fais ?
**Sarah Espeute** (1:16)
Pour l'instant, je n'ai même pas mis de budget publicité.
**Adrien Garcia** (1:19)
Le produit est tellement visuel et fort que ça se vend tout seul.
**Sarah Espeute** (1:23)
Exactement.
**Adrien Garcia** (1:29)
Et l'oeuvre sensible, la naissance, la genèse de Sarah Espeute, c'est quoi ?
**Sarah Espeute** (1:34)
Suite à ça.
**Adrien Garcia** (1:35)
Tu t'installes là.
**Sarah Espeute** (1:36)
Exactement. Ça a né vraiment à Marseille. Quand je m'installe à Marseille, avec Léa, on continue de travailler un peu ensemble, mais on se rend compte que notre projet, en fait, c'était plus finalement une exploration personnelle, plutôt qu'un vrai projet avec lequel on aurait pu en vivre. Donc finalement, petit à petit, on sépare un peu nos routes. Et donc moi, pendant cette période de création avec Léa, c'est vrai que je m'étais remise un petit peu à faire, enfin remise et mise à faire de la broderie, des objets en textile et de la peinture aussi en parallèle. J'avais un peu deux médiums que j'aimais bien, la peinture et la broderie. Et du coup, je créais en fait une année supplémentaire comme ça. Donc je me suis fait comme une résidence chez moi aussi, parce que j'avais Coco Walten, mais je l'ai quitté l'année d'après. Donc en fait, j'avais une pièce chez moi qui était dédiée à ça, à créer. Et donc je faisais pas mal de choses dans mon coin, des rideaux notamment avec des broderies et des trompeleuils. Et en fait, ça, on les postant petit à petit sur Instagram, ça a donné des idées à d'autres, dans le sens où on m'a proposé de participer à une exposition à Biarritz.
Et c'est là où j'ai imaginé ma première nappe trompeleuil, ce qui a fait après, voilà, un peu le...
**Adrien Garcia** (3:07)
La signature.
**Sarah Espeute** (3:07)
La signature de œuvre sensible. Et en fait, œuvre sensible, disons que c'était vraiment une manière de créer pour moi. Ce n'était pas donc prémédité. C'est juste que quand je... À ce moment où je créais des choses un peu dans mon coin, j'avais un peu cette... Ce mantra, ce manifeste où pour moi, j'avais envie de faire de la création, du design, mais à travers une sensibilité qui m'était propre. Et au-delà de juste un simple objet, j'incarnais vraiment des œuvres et sensibles qui transposaient toute ma sensibilité. Donc c'était un peu un mot, une phrase que j'avais noté dans un carnet.
Et voilà, et en fait, c'est vrai que c'est un peu ça qui m'animait, vraiment la création d'objets à travers cette idée-là, cette sensibilité qui m'est propre. Et donc... À Biarritz, c'était où ? À Biarritz, c'était une galerie, mais en fait, c'était une... Je crois qu'elle a arrêté son projet, ça s'appelait Amano Studio. Et en fait, elle avait curité une exposition autour de la table. Donc, c'était déjà un peu précurseur dans l'idée que je pense que le Covid vraiment a fait un boom au niveau de l'univers de la table. Et elle, c'était un petit peu avant.
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