**Matthieu Stefani** (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs sportifs ou artistes qui vont faire exploser notre moyenne. Si je voulais prendre juste des maths de Génération, je pourrais me dire à la limite, aimer Jaquet, bon, il y a quand même, il y a eu une équipe de France à peu près compétente dans les années 80, Génération Platini, Batiston, tout ça.
Donc, il a peut-être pu récupérer un certain nombre de choses. Didier Deschamps, ils ont fait toutes les finales et lui en est responsable. Et voilà, mais le premier, il devait y avoir des vagues de hordes de footballeurs amateurs qui n'arrivaient pas en nombre pour proposer quelque chose. C'est encore le cas aujourd'hui. En Ande, tu avais quoi ? Enfin, je veux dire...
**Claude Onesta** (0:52)
Mais nous, et encore une fois, moi je le dis d'autant plus facilement que ce n'est pas moi qui ai créé l'événement Équipe de France. C'est mon prédécesseur qui a pris l'Équipe de France à un niveau faible.
Mais nos jeunes joueurs, depuis quelques années, s'entraînaient tous les jours.
Puisque ça a été ce qu'on a appelé les sections sport et études. On mettait les meilleurs joueurs, ça valait dans toutes les disciplines.
Ça, ça date aussi de De Gaulle qui donne cette impulsion et qui fait en sorte que le sport structure, on crée dans toutes les régions des classes dans lesquelles on réunit les meilleurs athlètes d'une discipline. On les fait s'entraîner tous les jours ensemble. Et petit à petit, on a des athlètes qui vont s'entraîner autant que nos adversaires dans les pays de l'Est ou ailleurs. Et donc, petit à petit, ces générations arrivent. Mon prédécesseur, Daniel Costanzini, qui était prof de sport études et qui avait vu naître ces générations de premiers joueurs, entre guillemets professionnels, puisque c'était leur activité principale. Il comprend que la seule chose qu'il manque à ces joueurs, à cette équipe, c'est l'expérience du haut niveau, l'expérience du niveau international. Et donc, il fait un projet, il demande à l'équipe de France, à la fédération, qu'on lui confie l'équipe de France, allez, un jour sur deux de l'année. C'est-à-dire pendant 180 jours, les joueurs sont à sa disposition. Ça veut dire que les clubs acceptent que le championnat, pendant deux ans, soit familique et n'existe pratiquement plus. Et on va aguerrir cette équipe, c'est les barjots, on va aguerrir cette équipe en lui faisant faire des compétitions permanentes. Et donc pendant deux ans, ils vont se confronter au meilleur. Au début, prendre des raclés, petit à petit, de moins à moins. Et un jour, ils deviennent compétitifs.
**Matthieu Stefani** (2:57)
Attends, donc pendant deux ans, c'était quoi ? En 98, par là, enfin...
**Claude Onesta** (3:02)
Non, non, non, non, c'est plus tôt puisque le premier...
**Matthieu Stefani** (3:05)
Les barjots, c'était avant les experts, les experts de chez toi, oui, oui.
**Claude Onesta** (3:08)
Et leur premier résultat probant, c'est 92, médaille de bronze au jeu de Barcelone.
Et à partir de là, 93 final championnat du monde, 95 éstats championnés du monde. Et là, l'histoire a démarré. Donc ça veut dire qu'on a créé les conditions de réussite de jeunes joueurs de grande valeur.
**Matthieu Stefani** (3:33)
Tu faisais des stages sur stage, comment ça se passait ?
**Claude Onesta** (3:36)
Ils partaient en tournoi permanent. Ils partaient, ils rentraient, ils repartaient dans un autre tournoi.
**Matthieu Stefani** (3:42)
Tu as des tournois internationaux comme ça ?
**Claude Onesta** (3:44)
Oui, oui. Non, mais ils jouaient des fois contre des clubs. Ils partaient. Ils étaient toujours en compétition et en préparation. Ce qui fait que c'est devenu presque comme un club, mais c'était l'équipe de France.
**Matthieu Stefani** (3:58)
Sachant que souvent, on est d'accord, on n'a jamais le résultat, mais souvent les clubs sont meilleurs que les équipes nationales parce qu'ils ont plus l'habitude de jouer ensemble. C'est ça ?
**Claude Onesta** (4:05)
Ils jouent beaucoup plus de matchs. C'est différent, mais ce n'est pas le même métier. Mais on se rend compte, comme on parlait tout à l'heure du foot de l'Allemagne qui est éliminée. Mais ça ne veut pas dire que l'Allemagne ne produit plus de bons joueurs de foot.
Il y a quand même le Bayern Munich, il y a quand même des clubs en Allemagne qui dominent les compétitions européennes. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a de très bons joueurs, mais on n'a pas une très bonne sélection. Et là encore, c'est autre chose. Ça veut dire que tu peux avoir de très bons joueurs et ne pas avoir l'équipe qui est construite pour gagner. Donc parfois, il peut te manquer un joueur charismatique qui va être un peu celui qui fédère à les autres. Mais parfois, tu ne trouves pas les clés du bon fonctionnement d'une sélection. Et je répète, l'équipe de France, il y a eu la grève des joueurs. On ne sort pas du bus.
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