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[EXTRAIT] Édouard Philippe - Maintenir des décisions impopulaires

Génération Do It Yourself

June 7, 2026

Pour écouter l'épisode en entier, tapez "#546 - Présidentielle 2027 - Édouard Philippe - Le courage politique et l’addiction française à la dépense publique" sur votre plateforme d'écoute. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Speakers: Matthieu Stefani, Édouard Philippe
**Matthieu Stefani** (0:06)
Nous sommes la moyenne des personnes que nous fréquentons. Je suis Mathieu Stéphanie, partenaire d'OVNI Capital, et je vous propose de rencontrer des entrepreneurs sportifs ou artistes qui vont vous faire exploser notre moyenne. Là, on parle de ces erreurs, des vôtres.
Quels sont les plus belles gammelles, les plus beaux gaddins d'Édouard Philippe par Édouard Philippe ?

**Édouard Philippe** (0:27)
J'en ai fait des erreurs.
J'en ai fait quand j'étais premier ministre. J'en ai fait avant d'être premier ministre. J'en ai probablement fait, j'en referai sans doute, après être premier ministre. Quand vous êtes dans la vie, que vous prenez des responsabilités, que vous prenez des décisions, il faut s'attendre à ce que parfois vous vous plantiez.

**Matthieu Stefani** (0:50)
C'est pas agréable.

**Édouard Philippe** (0:52)
Mais les seuls types qui se plantent jamais, c'est ceux qui font rien. Ça, c'est sûr que quand vous êtes sur le canapé à commenter les conneries des autres, vous les trouvez facilement. Bon, cela dit, je ne dis pas que ce n'est pas grave. Mais d'abord, il faut apprendre de ces erreurs, et puis il faut surtout les corriger. Donc oui, bien sûr, j'en ai fait. Et elles peuvent être des erreurs d'appréciation, ça peut être des erreurs d'expression, de choix des mots parfois. Bien sûr que j'en ai fait. Il y a des choses que je maintiens sur le fond, mais que je ne ferai plus pareil.
On me reproche beaucoup la décision que j'ai prise du 80 km heure sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central. C'est une décision que j'ai prise parce que je voyais les chiffres de la mortalité sur les routes remonter.
Et parce que je trouve dingue qu'on s'habitue à ces chiffres. C'est dingue parce que je suis sûr que vous dans votre vie, que ceux qui nous regardent dans leur vie, si ce n'est pas le cas, tant mieux pour eux. Mais ils ont tous le fils d'un copain.
Et il y a ceux qui meurent, il y a ceux qui sont frappés dans leurs chairs. Donc, ce n'est pas possible qu'on ne va pas accepter 3500 morts par an. 3500 morts par an, c'est énorme.

**Matthieu Stefani** (2:16)
Évitable.

**Édouard Philippe** (2:19)
Et les experts, parce qu'encore une fois, moi, je n'invente pas les choses tout seul. Les experts, parce qu'il y en a, qui ne sont pas bons, mais il y en a, il y a des organismes, me disent, il y a une mesure, c'est les routes nationales, départementales, mais en tout cas, les routes sans séparateur central, bidirectionnelles, où réduire un peu la vitesse permet de réduire significativement les risques. J'ai pris cette décision. Alors, je vais vous dire un truc, en sachant qu'elle était impopulaire. Ça, je me suis dit, ce n'est pas une horreur d'appréciation. Je savais qu'elle serait impopulaire. Je me souviens des manives dingues quand on a créé les radars. Ce n'est pas moi qui l'ai fait, c'est Jacques Chirac.
Je me souviens des manives dingues quand on a créé le permis à points. Ce n'est pas moi, c'est je crois Michel Berrigauvois. Et je me souviens des détestations absolues quand on a imposé le port de la ceinture de sécurité. Ce n'est pas moi, c'est Georges Pompidou, président de la République.
Je ne m'en souviens pas, j'ai lu dans les livres parce que j'étais trop petit.

**Matthieu Stefani** (3:22)
Et les portiques de François Hollande aussi.

**Édouard Philippe** (3:24)
Ça, c'était la taxe, la facturation de la circulation et des camions qui déclenchent les bonnets rouges.
Mais ça, c'était Hollande en effet.
Donc voilà, mon idée, c'est de dire, bon, je sais que ça va être impopulaire, mais peut-être ça fait le choc qui permet de... J'ai bien vu qu'il y avait plein de gens qui prenaient ça pour une mesure de mépris vis-à-vis de leur déplacement ou de la facilité qu'ils pouvaient avoir à se déplacer. Même si réduire à 80 km heure la vitesse sur une distance, sur la distance moyenne que font les gens, en réalité, ça a un impact relativement limité. Mais j'ai compris tout de suite qu'il y avait une crispation. Et ça pose la deuxième question, c'est de savoir, quand vous voyez la crispation qui se crée, quand vous voyez l'opposition qui est formulée, est-ce qu'il faut tenir ou est-ce qu'il ne faut pas tenir ? Vous avez des gens qui disent, quand ça se crispe, il faut revenir en arrière. Vous en avez d'autres qui disent quand ça se crispe, il ne faut surtout pas revenir en arrière. La vérité, c'est qu'il n'y a pas de bonnes réponses. Il y a une question d'appréciation de ce que... Moi dans ma vie de mère, il y a énormément de décisions que j'ai prises ou que j'ai mises en œuvre qui ont suscité des crispations très fortes. Mais il fallait le faire. Je prends toujours cet exemple. Pardon, je suis long, mais...

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