**Laurence Nicolas** (0:00)
Nous, on est la maison avec laquelle 240 marques de luxe aujourd'hui veulent, ont ou sont en train de collaborer. En fait, Baccarat est devenu autre chose qu'une nom de marque, c'est devenu quasiment un nom commun. Tu dis un Frigidaire et un Kleenex et tu dis du Baccarat.
**Adrien Garcia** (0:11)
Comment est-ce qu'on reste relevant dans ce monde où en fait, tu es bousculé en permanence par beaucoup de marques, de concurrences ? Comment est-ce qu'on ne devient pas has-been ? Comment est-ce qu'on rensexy le truc pour les nouvelles générations qui arrivent ?
**Laurence Nicolas** (0:22)
Usher, sur tous ses concerts, il tient un verre à la main, c'est un verre Baccarat, c'est son choix, ce n'est pas le nôtre. On ne paie pas, on vient de livrer une commande de lustre pour un client que je ne nommerai pas, qui veut éclairer ses garages. Il nous en a acheté pour 5 millions d'euros, c'est des lustres qui ont mis deux ans à être fabriqués. La patience fait partie de nos valeurs.
**Adrien Garcia** (0:38)
Comment vous faites une demande de 5 millions ?
**Laurence Nicolas** (0:39)
Je suis née à Madagascar, mon père rentrait de tournée en brousse, il revenait avec un bébé éléphant, la mère avait été tuée par des braconniers.
**Adrien Garcia** (0:47)
Si ça refaire, qu'est-ce qu'on ferait différemment dans cette carrière ?
**Laurence Nicolas** (0:49)
Mon premier contrat chez PwC, j'avais l'interdiction de porter un pantalon. Ça vous me parle, ça, vous qui êtes d'une génération, c le nom de Dior est quasiment aussi connu de celui que Jésus-Christ. Il y a une sorte d'attachement de la part de Bernard Rano à cette maison Dior.
**Adrien Garcia** (1:01)
Pour réussir, est-ce qu'il faut absolument sacrifier ses enfants, son couple, forcément divorcer, ne pas voir ses enfants, etc.
**Laurence Nicolas** (1:08)
Je pense qu'à la fin, j'ai sans doute été pas une super-mère, pas une super-amie, pas forcément une super-fille, pas forcément une super-soeur, pas forcément une super-conjointe et pas forcément un super-manager, mais il faut essayer de faire avec tout ça et se dire je fais le max.
**Adrien Garcia** (1:28)
Et bien, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans The Bold Way.
Je suis aujourd'hui avec Laurence Nicolas. Salut Laurence.
**Laurence Nicolas** (1:34)
Bonjour Adrien.
**Adrien Garcia** (1:35)
Comment ça va ?
**Laurence Nicolas** (1:36)
Je vais très bien.
**Adrien Garcia** (1:38)
Moi aussi. On est fin mai pendant cette période de canicule incroyable à Paris. Il fait déjà 30 degrés alors qu'il est 10 heures du matin.
Et on est devant Baccarat pour la simple et bonne raison que tu es la CEO de Baccarat. Cette grande maison française qui nous accompagne depuis si longtemps.
**Laurence Nicolas** (1:57)
Ça ne va pas me rajeunir alors on va laisser un silence pudique, mais c'est 260 ans d'histoire.
**Adrien Garcia** (2:02)
Exactement. Et donc aujourd'hui, l'idée c'est de revenir sur l'histoire de cette maison, la découvrir, la redécouvrir parce que je pense qu'on la connaît pas assez bien.
Et j'ai envie aussi de revenir sur ton parcours parce que t'as un parcours très inspirant et beaucoup de gens m'ont dit que tu étais une rôle modèle pour beaucoup de personnes, donc je pense que t'as beaucoup de choses à nous partager.
**Laurence Nicolas** (2:24)
Grosse pression, grosse pression.
**Adrien Garcia** (2:27)
T'as un parcours assez hors norme. Mais pour commencer, déjà, je t'ai un peu présenté, mais toi, comment tu te présentes au monde quand on te demande de te présenter ?
**Laurence Nicolas** (2:36)
Oh, alors, si je suis triviale, je dis que je suis une vieille poule de luxe. Je suis dans le métier du luxe et dans la beauté des savoir-faire du luxe depuis maintenant 35 ans, plus de 35 ans. J'ai commencé ma vie et là, personne n'est pas fait. J'ai commencé ma vie comme une auditrice financière chez PwC, parcours assez atypique d'un début financier qui a découvert la maison Cartier. Quand j'étais chez PwC et j'ai été ensuite happée par la maison Cartier, j'ai passé 11 ans de bonheur. Je suis quelqu'un qui a découvert la beauté du luxe par ses savoir-faire, par le geste artisanal, par les rencontres avec des joaillers, des horlogers. Je suis rentrée par la petite porte du luxe, je suis rentrée par le service après-vente. Et ça en dit long parce que le client, en général, il est assez mécontent. Il s'est fait plaisir, il s'est offert un objet qu'il pense. Éternel et magnifique et en fait, il a une déception. Donc en fait, c'est là qu'une rencontre doit se créer entre l'artisanat et ce client à qui il faut redonner le goût de la marque. Donc j'ai adoré. J'ai fait 10 métiers chez Cartier. J'ai eu la chance d'avoir un homme qui m'a inspiré, a appris, développé, donné des coups de pied aux fesses, qui s'appelle Alain Dominique Perrin, qui est une des personnes qui a beaucoup compté dans ma vie professionnelle. Et après, je suis passée chez Dior, moi aussi, une start-up en joaillerie. Donc, j'ai un petit côté aventurier. Je pense que ça vient d'un passé d'une enfance africaine dans la savane.
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